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lundi 24 septembre 2012

Instabilité financière et régulation (lexique)

Actifs financiers

Les actifs financiers désignent les actifs qui sont échangés sur les marchés des capitaux, c’est-à-dire les titres (actions, obligations, bons du Trésor…), la monnaie ou des devises étrangères…

En émettant des titres, un agent obtient de nouveaux moyens de financements. En achetant un titre, un agent cherche généralement à faire fructifier son épargne, en recevant des revenus (des intérêts ou des dividendes), voire même en réalisant une plus-value (c’est-à-dire en revendant le titre à un prix supérieur au prix auquel il l’a acheté). Les actifs financiers font donc partie du patrimoine des individus : en l’occurrence, de leur patrimoine financier.


Aléa moral

L’aléa moral (ou risque moral) apparaît en situation d’asymétrie d’information, c’est-à-dire lorsque les agents ne partagent pas la même information. En l’occurrence, un agent, se sachant « protégé » prend davantage de risques, car il ne subit pas entièrement les coûts si les risques se concrétisent ; celui qui en subit en fait les coûts est appelé « principal ». Généralement, l’agent et le principal signent un contrat (un contrat de travail, un contrat d’assurance, un contrat de crédit…) ; or le principal ne peut pas voir si l’agent effectue les efforts attendus ou bien il n’a pas les compétences pour juger si les efforts réalisés étaient nécessaires.

C’est notamment le cas dans l’assurance : l’assuré (qui joue le rôle d’agent) prend davantage de risques car il est tranquillisé à l’idée que, si le risque se réalise, il n’en supportera qu’une partie des coûts ; en l’occurrence, ce sera alors l’assureur (qui joue le rôle de principal) qui supportera l’essentiel des coûts. En étant assuré, un individu prend plus de risques que s’il n’était pas assuré. Or, si les assurés sont incités à prendre plus de risques, cela réduit le profit des assureurs. Dans le cas de l’assurance sociale, ce sont les finances publiques qui se détériorent en raison du comportement de passagers clandestins des « assurés ».
C’est aussi le cas sur les marchés financiers et dans le secteur bancaire. Par exemple, s’il y a un prêteur en dernier ressort (la banque centrale, qui intervient lors des crises financières pour assouplir sa politique monétaire et alimenter les banques en liquidité) ou si l’Etat intervient pour renflouer les banques au bord de la faillite : puisque les banques savent qu’elles seront secourues en cas de crise financière, alors elles sont incitées à prendre plus de risques (par exemple, en spéculant plus ou en prêtant plus, même à des emprunteurs peu solvables), or un tel comportement accroît précisément le risque qu’une crise financière éclate.


Comportement mimétique

Tendance des agents à adopter le même comportement, en particulier en situation d'incertitude.

Dans certaines situations, les agents ont tendance à adopter un comportement mimétique (c’est-à-dire moutonnier ou grégaire). C’est notamment le cas sur les marchés financiers. Un agent peut avoir tendance à imiter les autres en situation d’incertitude, s’il estime que ces derniers sont mieux informés que lui. Par exemple, sur les marchés financiers, un agent peut être incité à acheter un titre dont le cours augmente, car cela signifie qu’il est très demandé. Ce comportement est rationnel ; en effet, même un agent pleinement informé sur la valeur intrinsèque d’un actif (qu’il s’agisse d’un titre financier ou d’un logement) a intérêt à acheter un actif surévalué s’il pense que les autres agents achèteront ce titre, car, si c’est le cas, le cours montera, ce qui permet de réaliser une plus-value. En effet, un individu ne peut battre le marché : même s’il pense qu’un titre est surévalué et donc que son cours doit diminuer, il a intérêt à l’acheter si les autres l’achètent.
En raison du mimétisme, les marchés financiers (ou bien les marchés immobiliers) sont alors susceptibles de présenter des anticipations auto-réalisatrices : si les agents anticipent une hausse du cours d’un titre, ils achèteront ce titre, ce qui poussera effectivement son cours à la hausse. Inversement, si les agents pensent que le cours d’un titre diminuera, ils le vendront, pour éviter de faire une moins-value, or cela poussera effectivement le cours à la baisse.

Surtout, en raison de l’incertitude et du mimétisme, l’ensemble des agents présents sur un même marché auront tendance à adopter le même comportement, c’est-à-dire à partager la même opinion. Cela signifie aussi qu’il y a un risque que le marché change d’opinion subitement.

Par conséquent, le mimétisme peut être à l’origine des bulles spéculatives : les agents achètent un même actif précisément parce qu’ils anticipent que son cours augmentera et qu’ils réaliseront par conséquent une plus-value, mais le cours de l’actif risque alors de finir par être excessivement élevé, c’est-à-dire bien supérieur à sa « valeur fondamentale ». Réciproquement, lorsque les agents prennent conscience que le prix de l’actif est excessivement élevé, ils vont vendre simultanément l’actif, ce qui fera plonger son cours (krach). Le mimétisme jouera alors en sens inverse : chacun vend le titre parce qu’il anticipe que les autres vendront ce titre.
Keynes a illustré cette idée de comportement mimétique sur les marchés boursiers avec la métaphore du concours de beauté afin de montrer que ces marchés sont submergés par des vagues successives d’optimisme et de pessimisme, conduisant régulièrement à des bulles suivies par des krachs. En effet, chaque spéculateur achète (ou vend) un actif en fonction de la réaction que les autres devraient adopter selon lui. Ainsi, un spéculateur cherchera à déterminer quel actif les autres spéculateurs achèteront, sachant que ces derniers chercheront à faire de même.



Crise financière

Il n’y a pas de véritable définition de la crise financière. Une crise financière peut désigner un effondrement du cours des titres (c’est-à-dire un krach), ce qui est le cas si une bulle spéculative éclate sur le marché boursier. On parle aussi de crise financière lorsque les banques voient leurs chances de faire faillite augmenter et sont alors plus réticentes à prêter.

Il ne faut pas confondre « crise financière » et « crise économique ».


Crise économique

La crise économique désigne une récession, c’est-à-dire une baisse du PIB, c’est-à-dire une baisse de la production, des revenus et des dépenses dans l’économie (ce qui se traduit souvent par une hausse du chômage).

Il ne faut pas confondre « crise financière » et « crise économique ».
Toutefois, une crise financière risque très souvent d’entraîner une crise économique (une récession). Prenons deux exemples. Premièrement, si une bulle éclate, sur le marché de l’immobilier ou sur le marché boursier, alors ceux qui possèdent un logement ou des actions se sentiront moins riches, donc ils auront tendance à moins consommer ; or, s’il y a moins de consommation, les entreprises vendent moins, donc elles produisent moins et licencient (l’économie bascule en récession !). Deuxièmement, si les banques sont en difficultés, elles prêteront moins. Or, si les entreprises empruntent moins, elles investiront moins (elles achèteront moins de machines, moins d’équipements…) ; si les ménages empruntent moins, ils consommeront moins. Or, si les ménages et entreprises achètent moins de biens et services, par définition les entreprises vendent moins, donc elles font moins de profit, elles réduisent leur production et les licencient (l’économie bascule alors en récession).


Devises

Les devises désignent les monnaies étrangères. On parle de devise, dès lors que l’on considère la monnaie d’un pays étranger. Les principales devises utilisées dans le monde sont le dollar américain (Etats-Unis), l’euro (zone euro) et le yen (Japon). Les devises sont échangées sur le marché des changes, à un certain prix : le taux de change. La devise d’un pays aura tendance à s’apprécier si elle est davantage demandée ; elle aura tendance à se déprécier si elle est moins demandée.

Globalisation financière

La globalisation financière correspond à la constitution d’un marché mondial des capitaux. Il résulte des « 3D » : la déréglementation, le décloisonnement et la désintermédiation.

Intermédiation financière

L’intermédiation financière désigne le fait qu’une institution financière (par exemple, une banque) joue le rôle d’intermédiaire entre les agents à besoin de financement et les agents à capacité de financement. En l’occurrence, l’intermédiaire utilise l’épargne que les agents à capacité de financier (les épargnants) déposent auprès d’elle, pour accorder des prêts aux agents à besoin de financement.

Régulation financière

La régulation financière désigne, d’une part, l’ensemble des règles qui encadrent le système financier, c’est-à-dire qui lui permettent de fonctionner correctement et qui visent notamment à éviter les crises financières (réglementation financière). La régulation financière désigne aussi la surveillance des banques et autres institutions financières par les autorités (supervision financière) : les autorités veillent à ce que les banques et les autres institutions financières respectent les règles et les sanctionnent si ce n’est pas le cas. Dans la mesure où les crises financières naissent souvent suite à des bulles spéculatives et que ces dernières sont souvent alimentées par le crédit bancaire, la réglementation financière vise souvent à éviter que les banques prêtent excessivement ou que les spéculateurs prennent des risques excessifs.

Risque systémique

Il y a risque systémique lorsqu’un événement est susceptible d’affecter l’ensemble du système par contagion, réactions en chômage. On parle notamment de risque systémique lorsqu’une crise financière est susceptible d’affecter l’ensemble de l’économie mondiale. Or, si c’est le cas, alors l’ensemble des pays est susceptible de tomber dans une récession.

Par exemple, on dit qu’il y a un risque systémique lorsqu’une banque est susceptible de conduire à l’effondrement de l’ensemble du système bancaire si elle faisait faillite. En effet, si une banque fait faillite, elle ne pourra rembourser ses créanciers (notamment les autres banques) et ses clients (les déposants) risquent de perdre l’épargne qu’ils possèdent sur leurs comptes bancaires.
Avec la globalisation financière (en particulier la déréglementation et le décloisonnement), le risque systémique a peut-être augmenté : lorsqu’une crise financière éclate sur un marché donné ou dans un pays donné, il est aujourd’hui plus probable qu’elle touche l’ensemble des marchés ou l’ensemble des pays.





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Economie et démographie

Stratégies d'entreprises et politique de concurrence



lycée René Descartes (Champs sur Marne) - dernière révision : 15/04/2017



dimanche 23 septembre 2012

Stratégies d'entreprises et politique de concurrence (lexique)

Abus de position dominante

Le fait qu’une entreprise soit en position dominante (c’est-à-dire en situation de monopole ou quasi-monopole) sur un marché n’est pas en soi condamnable. Ce qui l’est, c’est le fait que l’entreprise profite de sa situation et de son pouvoir de marché pour empêcher la concurrence et nuire au consommateur, notamment en fixant des prix excessivement élevés ou en instaurant des barrières : en ayant recours aux prix prédateurs, en concluant des accords d’exclusivité avec les distributeurs ou les fournisseurs, etc. C’est une pratique illégale, faisant l’objet de sanctions de la part des autorités de la concurrence.

Barrières à l'entrée

Les barrières à l’entrée désignent les obstacles qui empêchent ou tout du moins compliquent l’entrée de concurrents sur un marché. Elles peuvent de nature légale, technique, financière… Elles sont pour partie le fruit des stratégies des firmes qui veulent maintenir ou renforcer leur pouvoir de marché : prix prédateurs, constitution de surcapacités de production, etc. Très souvent, elles sont le fait des interventions de l’Etat avec les professions réglementées, le système de brevets, etc. Elles peuvent aussi être associées à la structure même du marché : présence de coûts fixes élevés qui empêchent la présence de nombreuses entreprises (situation de monopole ou d’oligopole naturel), imperfection de l’information (qui bénéficie aux entreprises déjà en place, mais pas aux nouvelles, puisqu’elles n’ont pas de réputation…), effets de réseau, etc.

Cartel de producteurs

Les entreprises forment une « entente » ou un « cartel » lorsqu’elles s’accordent pour fixer les mêmes tarifs, en l’occurrence à un niveau élevé, se répartir le marché ou encore mettre en place des quotas de production (qui poussent les prix à la hausse en provoquant une pénurie). Les ententes sont surtout susceptibles d’apparaître sur des marchés d’oligopole, car il est alors plus facile pour les entreprises de se mettre d’accord… et de surveiller que chacune respecte l’accord.

C’est une pratique illégale, notamment parce qu’elle nuit au consommateur. Les entreprises que les autorités soupçonnent d’appartenir à un cartel sont donc susceptibles d’être sanctionnées, par une amende, voire par des peines de prison pour les dirigeants des entreprises concernées (une sanction surtout en vigueur aux Etats-Unis). Pour mieux détecter les ententes et parvenir à prouver leur existence, les autorités ont mis en place une politique de clémence visant à inciter les membres des ententes à se dénoncer : l’entreprises qui avoue appartenir à un cartel et qui en donne des preuves se voit faire l’objet de moindres sanctions. Cela vise, d’une part, à désinciter les entreprises à former ou entretenir une entretenir, mais aussi d’autre part à faciliter la condamnation des entreprises fautives.
Les ententes sont peu susceptibles de perdurer. En effet, lorsque quelques entreprises sont sur un marché, il est optimal pour elles de former une entente, car la hausse des prix leur permettra d’accroître leur profit. Mais une fois l’entente en place, il est optimal pour chaque entreprise de ne plus respecter l’accord, en baissant ses prix, car elle pourra alors capter les clients des autres firmes et accroître encore davantage son profit.


Marché pertinent

Il existe des substituts plus ou moins proches pour chaque produit. Ainsi, le marché pertinent d’un produit correspond au marché dudit produit ainsi que les différents produits qui lui sont très facilement substituables dans un territoire géographique donné. Ce sont surtout les autorités de la concurrence qui cherchent à définir le marché pertinent de chaque produit afin de déterminer le pouvoir de marché des entreprises et, par exemple, pour déterminer si les entreprises sont ou non en situation (d’abus) de position dominante.

Monopole discriminant

Lorsque l’entreprise fixe un prix unique, alors certains acheteurs sont « gagnants » : certains achètent le produit, mais à un prix inférieur au prix minimum auquel ils étaient prêts à l’acheter. Le surplus des consommateurs désigne alors la somme d'argent supplémentaire que les acheteurs étaient prêts à payer pour acquérir pour le produit. Comme ces acheteurs n’ont pas dépensé cette somme (et qu'ils peuvent la dépenser pour acheter d'autres produits), ils gagnent donc en satisfaction : le surplus des consommateurs correspond à un supplément de satisfaction.

En adoption une stratégie de discrimination par les prix (ou discrimination tarifaire), c’est-à-dire en proposant des prix différents d’un client à l’autre, l’entreprise va chercher à « capter » le surplus des consommateurs, c’est-à-dire à faire payer un maximum ce que les acheteurs sont prêts à payer, afin d’accroître ses profits. Avec la discrimination pure, l’entreprise fait payer chaque acheteur tout ce qu’il est prêt à payer. En réalité, les entreprises ne parviennent pas à mener une discrimination pure, tout simplement parce qu’elles ne peuvent savoir avec exactitude le prix maximal que chaque acheteur est prêt à verser. Cette stratégie est possible qu’à deux conditions. D’une part, l’entreprise qui la met en œuvre doit être en situation de monopole. D’autre part, la clientèle doit être cloisonnée. Il ne doit pas être possible que des acheteurs bénéficiant de tarifs réduits revendent le produit aux acheteurs susceptibles de seulement bénéficier du plein tarif.

Politique de la concurrence


La politique de la concurrence a pour rôle d’assurer le bon fonctionnement de la concurrence sur les marchés. Elle cherche par là même à stimuler la croissance en contribuant à l’allocation optimale des ressources. Elle s’exerce aussi bien auprès des entreprises privées (en veillant notamment à éviter les abus de position dominante, les ententes et autres pratiques anticoncurrentielles), mais aussi auprès de l’Etat (ouverture à la concurrence, surveillance des subventions publiques…). Elle est notamment assurée, en France, par l’Autorité de la concurrence et, au niveau européen, par la Commission européenne.

Pouvoir de marché

En concurrence pure et parfaite, les agents économiques sont « preneurs de prix » (price-takers) : chacun d’entre eux ne peut influencer le prix ; en fait, le prix est déterminé par le marché et s’impose à chaque agent.

Lorsqu’au moins une hypothèse de concurrence pure et parfaite n’est pas respectée, alors la concurrence est dite « imparfaite ». Or, dans une telle situation, les agents retrouvent alors ce qu’on appelle un « pouvoir de marché » : une plus grande marge de manœuvre pour fixer les prix. Les agents deviennent alors « faiseurs de prix » (price-makers). Par exemple, lorsque les vendeurs sont peu nombreux face à de multiples acheteurs (situation d’oligopole), ils peuvent fixer un prix plus élevé qu’en situation de concurrence pure et parfaite. Inversement, lorsque les acheteurs sont peu nombreux face à de multiples vendeurs (situation d’oligopsone), alors les acheteurs ont un plus grand pouvoir de négociation et le prix tend alors à se fixer à un niveau inférieur au prix qui serait en vigueur dans une situation de concurrence pure et parfaite.



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Economie et démographie

Instabilité financière et régulation



lycée René Descartes (Champs sur Marne) - dernière révision : 14/04/2017



samedi 22 septembre 2012

Economie et démographie (lexique)

Accumulation du capital

Le capital, dans son sens strict, désigne les biens durables qui servent de moyens de production : machines, équipements, outils, etc. Il est alors synonyme de capital physique. Les entreprises accumulent du capital via leurs dépenses d’investissement.

Il ne suffit pas qu’une entreprise investisse pour que son stock de capital augmente. En effet, une partie du capital physique est usé et/ou devient obsolète au cours de chaque année. Autrement dit, si les entreprises n’investissent pas, leur stock de capital diminue, ce qui les contraint à réduire leur production. Ainsi, une partie de l’investissement sert à remplacer le capital usé et obsolète.
Dans la logique néoclassique, l’investissement en capital physique contribue à la croissance, d’une part, en augmentant directement les capacités de production et en permettant à chaque travailleur d’être plus efficace et, d’autre part, en contribuant à la diffusion des innovations : en achetant de nouvelles machines, une entreprise acquiert souvent par là même des machines plus performantes que celles qu’elle possède déjà. Dans la logique keynésienne, l’investissement contribue à la croissance à court terme dans la mesure où il est une composante de la demande : lorsqu’une entreprise achète des équipements, elle contribue à accroître les ventes des entreprises qui les produisent. Bref, néoclassiques et keynésiens s’accordent pour dire que l’investissement joue un rôle déterminant dans la croissance économique.


Aléa moral

L’aléa moral (ou risque moral) est un problème qui apparaît après la signature d’un contrat en raison de l’asymétrie d’information. Dans cette situation, une des parties à l’échange (appelé « principal ») peut difficilement contrôler que l’autre partie (appelé « agent ») agit conformément à ses engagements, soit parce que le principal ne peut voir l’action de l’agent, soit parce que le principal ne possède pas les compétences pour juger de l’action de l’agent.

Il y a plusieurs exemples d’aléa moral. Par exemple, lorsqu’un individu est assuré, il risque d’être moins prudent (puisque je sais que je suis remboursé par la sécurité sociale si je dois me soigner, je suis moins incité à ne pas tomber malade, par exemple en sortant bien habillé ; puisque je sais que je suis remboursé si j’ai un accident de voiture, je suis moins prudent sur la route, etc.)

Croissance économique

La croissance économique désigne la hausse du PIB (ou du PIB par habitant) au cours d’une période prolongée. Le PIB est une mesure de la production de biens et services au cours d’une période donnée ; il peut être calculé en additionnant les valeurs ajoutées de toutes les organisations productives (entreprises, administrations publiques…) présentes sur le territoire. En outre, comme la production donne lieu au versement de revenus (par exemple, de salaires aux travailleurs et de dividendes aux actionnaires), alors le PIB mesure également le montant de revenus distribué au cours d’une période donnée. Ainsi, lorsque le PIB augmente, alors l’économie produit davantage de biens et services et elle génère davantage de revenus.

Dans la logique néoclassique, c’est l’offre globale qui est le moteur de la croissance. La croissance dépend avant tout de l’accumulation des facteurs : du travail et du capital. Plus il y a de machines et de travailleurs, plus les entreprises produisent. La croissance ne dépend toutefois pas seulement de l’accumulation des facteurs. Si c’était le cas, la croissance finirait par s’essouffler : c’est ce que suggère le modèle de Solow en supposant que les rendements des facteurs sont décroissants. En fait, la croissance dépend également du progrès technique : par exemple, les entreprises utilisent des machines toujours plus performantes, qui permettent d’accroître continuellement la productivité des travailleurs.
Dans la logique keynésienne, c’est la demande globale qui est le moteur de la croissance : plus les entreprises espèrent vendre, plus elles produisent. La demande dépend de la consommation (finale) des ménages, de l’investissement et de la consommation intermédiaire des entreprises, des dépenses publiques, des exportations…


Cycle de vie

A partir des années cinquante, Franco Modigliani a développé avec plusieurs coauteurs l’hypothèse du cycle de vie pour analyser le comportement du consommateur et, par là même, de l’épargnant. Il a été récompensé pour ces travaux par l’attribution du « prix Nobel » d’économie en 1985.

La vie de chaque individu se découpe en trois périodes : la jeunesse, la vie active et la retraite. Lors de la jeunesse, la consommation est supérieure au revenu, si bien que le consommateur tend initialement à s’endetter : l’épargne est négative (A). Ensuite, après l’entrée dans la vie active, le revenu est supérieur à la consommation, donc le consommateur tend à se désendetter : l’épargne est positive (B). Une fois sa dette remboursée, il commence à se constituer un patrimoine. Lorsque l’individu part en retraite, son revenu s’écroule, si bien qu’il doit puiser dans son épargne pour maintenir son rythme de dépenses de consommation : il désépargne (C).

Dans la formulation la plus simple de l’hypothèse du cycle de vie, il n’y a ni incertitude, ni imperfections sur les marchés des capitaux. En l’occurrence, les agents connaissent leur durée de vie et leurs revenus futurs. Ils cherchent à lisser leurs dépenses de consommation, si bien qu’ils s’appuient sur l’emprunt et l’épargne pour transférer une partie de leurs revenus des périodes où leur revenu est élevé vers les périodes où leur revenu est faible. En l’occurrence, s’ils se constituent une épargne patrimoniale, c’est avant tout pour pouvoir maintenir leur rythme de consommation lors de la retraite. Ainsi, malgré les fluctuations du revenu, les dépenses de consommation sont stables au cours du temps. Au final, les agents utiliseront la totalité de leur revenu pour consommer et ne laisseront aucun patrimoine en mourant.

L’hypothèse du cycle de vie, tout du moins dans sa formulation la plus simple, a fait l’objet de plusieurs critiques. Les individus ne connaissent pas la date de leur mort, si bien qu’ils peuvent difficilement lisser leurs dépenses de consommation. En présence d’incertitude, ils peuvent davantage épargner, selon un motif de précaution. Un individu peut accumuler un patrimoine pour des motifs altruistes, notamment s’il désire léguer un héritage à ses enfants et petits-enfants.


Dynamique démographique

Elle fait référence à deux choses : à la variation de la taille de la population et à la modification de la structure de la population, notamment en termes d’âge. Si la taille de la population augmente, on parlera de croissance démographique. Si l’âge moyen de la population augmente et que la part des personnes âgées dans la population augmente, on parlera de vieillissement démographique.

Généralement, la croissance démographique s’accélère lorsqu’un pays entre dans sa transition démographique. Lorsqu’un pays achève sa transition démographique, la croissance démographique ralentit et sa population vieillit, voire décroît (comme c’est le cas du Japon).



Epargne

L’épargne désigne la part du revenu qui n’est pas dépensée (consommée).

Si des économistes (notamment les néoclassiques) considèrent que l’épargne est une « vertu », dans le sens où elle stimule l’activité, d’autres économistes (notamment les keynésiens) considèrent que l’épargne est un « vice », dans le sens où elle déprime l’activité.
Dans l’optique néoclassique, une hausse de l’épargne des ménages sera bénéfique à l’ensemble des agents dans l’économie. Premièrement, chaque ménage réduira certes par là même sa consommation courante, mais il accroîtra en retour sa consommation future : l’épargne apparaît ici comme une consommation différée. Deuxièmement, puisque les banques utilisent leurs dépôts pour prêter, le surcroît d’épargne pourra être affecté au financement de nouveaux projets d’investissement. Les entreprises peuvent alors accumuler davantage de capital (investir) et accroître leur production. Ainsi, elles vont distribuer des revenus supplémentaires qui permettront d’écouler le surcroît de production.
John Maynard Keynes (1936) rejette la thèse néoclassique, pour deux raisons. D’une part, l’épargne n’est pas nécessaire au financement de l’investissement : les banques peuvent prêter davantage qu’elles n’ont en dépôts (elles ont le pouvoir de créer de la monnaie). Surtout, les entreprises prennent leurs décisions d’investissement en fonction de leurs anticipations de demande : si elles anticipent qu’elles vendront plus, elles chercheront à accroître leurs capacités de production. D’autre part, ce n’est pas parce que les entreprises produisent qu’elles vendent nécessairement. Keynes accepte l’idée selon laquelle, si un ménage épargne davantage aujourd’hui, il accroît sa consommation future. Par contre, si tous les ménages épargnent davantage en même temps, les entreprises voient leurs ventes diminuer, ce qui les incite à réduire leur production et donc à licencier. Chaque entreprise aura par ailleurs tendance à réduire ses achats de biens intermédiaires et ses investissements, ce qui affaiblit davantage les débouchés des autres firmes. La hausse du chômage va aussi entraîner des cercles vicieux : d’une part, les personnes qui se retrouvent au chômage, voient par là même leurs revenus décliner, si bien qu’elles réduisent davantage leurs dépenses ; d’autre part, les travailleurs toujours en emploi voient s’élever leurs chances de perdre leur emploi, si bien qu’ils sont incités à épargner davantage, en l’occurrence à accroître leur épargne de précaution. Au final, une hausse de l’épargne est susceptible de réduire la consommation aujourd’hui et demain. C’est le paradoxe de l’épargne.


Incitations pécuniaires

Les incitations pécuniaires désignent les dispositifs financiers qui visent à inciter les agents économiques à changer de comportement, notamment pour régler certains déséquilibres. Dans le domaine de la santé, l’Etat met en place différentes incitations pécuniaires pour réduire les dépenses et par là réduire le déficit de la sécurité sociale : notamment la franchise, le ticket modérateur…

Mouvement migratoire

Le mouvement migratoire désigne l’évolution de la population qui résulte des flux migratoire, c’est-à-dire de l’immigration et de l’émigration.

solde migratoire = nombre d’immigrés – nombre d’émigrés

Si davantage de personnes émigrent d’un pays que de personnes qui y immigrent, alors, le solde migratoire est négatif, ce qui contribue à réduire la population du pays. A l’inverse, si davantage de personnes immigrent d’un pays que de personnes qui en émigrent, alors le solde migratoire est positif, ce qui contribue à accroître la population du pays.

Mouvement naturel

Le mouvement naturel désigne l’évolution de la population résultant du solde naturel, c’est-à-dire de l’écart entre les naissances et les décès au cours d’une période donnée. En l’occurrence :

solde naturel = naissances – décès

Si, au cours d’une période, davantage de personnes décèdent que de personnes qui naissent, alors le solde naturel est négatif, ce qui contribue à réduire la population. A l’inverse, si davantage de personnes naissent que de personnes qui décèdent, alors le solde naturel est positif, ce qui contribue à accroître la population.

Population active

La population active désigne l’ensemble des personnes en âge de travailler qui soit occupent un emploi, soit sont au chômage. (Un chômeur est une personne qui n’a pas d’emploi, qui en recherche un et qui est immédiatement disponible pour travailler, selon la définition du BIT.) Nous définissons le taux d’activité ainsi :

taux d'activité = nombre d'actifs / nombre d'habitants

A ne pas confondre avec le taux de chômage :


taux de chômage = nombre de chômeurs / nombre d'actifs


Le taux d’activité est très important aux yeux des économistes. D’une part, plus la main-d’œuvre est importante, plus les entreprises peuvent produire, ce qui favorise la croissance (point de vue néoclassique). D’autre part, plus il y a de personnes en emploi, plus il est facile de financer le système de protection sociale (car il y a alors plus d’impôts et de cotisations sociales qui sont payés). Mais tout cela n’est possible que si le taux de chômage reste faible.



Protection sociale

La protection sociale repose pour partie sur une logique d’assurance et sur une logique d’assistance. Elle contribue à réduire les inégalités et/ou la pauvreté.

L’assurance sociale est un mécanisme de redistribution géré par l’Etat à travers lequel les agents cotisent pour se prémunir contre des risques, ce qui leur permet de percevoir une indemnité (appelée allocation sociale) si ceux-ci surviennent ou bien de voir une partie de leurs dépenses être prises en charge (remboursement des soins). Ces risques sont alors qualifiés de « risques sociaux » puisqu’ils sont mutualisés par la collectivité. Ils comprennent le chômage, la retraite, la maladie, la famille nombreuse… Il s’agit d’une redistribution horizontale, c’est-à-dire des actifs en emploi vers ceux qui subissent ces risques (les retraités, les chômeurs, etc.).

L’assistance sociale vise à satisfaire les besoins fondamentaux des plus modestes sans exiger d’eux de contrepartie. Les plus pauvres voient une partie de leurs dépenses être prises en charge (par exemple dans le cadre de la couverture maladie universelle, CMU) ou reçoivent des revenus, appelés aides sociales, qui sont financés par l’impôt, notamment par la contribution sociale généralisée (CSG). Puisque les ménages contribuent d’autant plus à l’impôt qu’ils sont riches et qu’ils bénéficient d’autant plus d’aides sociales qu’ils sont pauvres, il s’agit d’une redistribution verticale, des riches vers les pauvres.

« Protection sociale » et « sécurité sociale » ne sont pas synonymes. La protection sociale est assurée par les organismes de sécurité sociale (assurance maladie, prestations familiales, assurance vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles) ou d'autres institutions (régime du chômage, régimes complémentaires de retraite, régimes complémentaires facultatifs d'assurance maladie, notamment les mutuelles).

Retraite par capitalisation

Le système de retraite par capitalisation est un système de retraite dans lequel la retraite des inactifs est financée par l’épargne qu’ils ont constitué au cours de leur vie active et qu’ils ont confiée auprès d’organismes de placement (par exemple, un fonds de pension). C’est le système en vigueur dans les pays anglo-saxons.

Retraite par répartition

Le système de retraite par répartition est un système de retraite dans lequel la retraite des inactifs est financée par les cotisations que versent les actifs en travaillant. Ce système, marqué par une logique de redistribution horizontale des revenus, s’inscrit dans la logique de la protection sociale. Le fait même de cotiser donne au travailleur le droit de percevoir des pensions de retraite une fois à la retraite. C’est le système qui prédomine en Europe continentale.

Sélection adverse

La sélection adverse est un problème qui apparaît avant la signature d’un contrat en raison de l’asymétrie d’information. En l’occurrence, l’une des parties à l’échange (généralement l’acheteur) ne dispose pas de toutes les informations sur la qualité du bien échangé et craint par conséquent un comportement opportuniste de la part d’une autre partie à l’échange (généralement le vendeur). Or si l’un des parties à l’échange craint un comportement opportuniste de la part d’une autre partie à l’échange, il risque de ne pas vouloir participer à l’échange ; le risque est qu’il n’y ait pas d’échanges ou que les produits de bonne qualité disparaissent du marché

C’est l’idée que développe George Akerlof (« prix Nobel » en 2001) lorsqu’il analyse le marché des voitures d’occasion (« lemons ») : si les acheteurs craignent d’acheter des voitures de mauvaise qualité, ils refuseront d’en acheter à un prix élevé, si bien que les vendeurs de voitures de bonne qualité ne peuvent les vendre à leur « juste prix », si bien qu’ils refusent de les vendre, si bien qu’au final ce ne sont que les mauvaises voitures qui resteront sur le marché.

Par exemple, un assureur craint d’assurer de « mauvais risques ». Cette crainte va alors l’inciter à réduire le nombre de personnes qu’il est prêt à assurer et à exiger des primes d’assurance plus élevées. Or les « bons risques » refuseront de payer des primes d’assurance élevée, donc ils refuseront de s’assurer. L’assureur se retrouve alors à assurer que des « mauvais risques », ce qui risque de le conduire à la faillite.

Taux de remplacement

Le taux de remplacement désigne le rapport entre le montant de la pension perçue durant la retraite et le revenu d’activité de référence, c’est-à-dire celui qui sert de base au calcul de la retraite. Autrement dit, c’est le pourcentage du revenu d’activité que continue de percevoir un individu une fois à la retraite. Le taux de remplacement dépend du nombre de trimestres de cotisation. En France, il s’élève en moyenne à 70 %. Autrement dit, un retraité gagne une pension de retraite représentant environ 70 % du revenu qu’il gagnait lors de sa vie active. L’une des questions qui se pose lors des réformes du système de retraite français est si le taux de remplacement doit diminuer, car cela permettrait a priori de réduire les dépenses publiques, donc de réduire le déficit, mais cela réduit le pouvoir d’achat des retraités.



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vendredi 21 septembre 2012

Justice sociale et inégalités (lexique)

Assistance sociale

L’assistance sociale est un principe de solidarité qui garantit à tous un minimum de ressources afin d’assurer la satisfaction des besoins fondamentaux. Les aides sociales sont versées sous condition de ressources. Elles sont financées par l’impôt. L’assistance correspond donc à une redistribution verticale, car plus un ménage est riche, plus il contribuera à l’impôt, moins il risque de recevoir d’aides sociales. L’assistance vise essentiellement à réduire les inégalités ou à éradiquer la pauvreté.

Assurance sociale

L’assurance sociale est un mécanisme de redistribution géré par l’Etat à travers lequel les agents cotisent pour se prémunir contre des risques, ce qui leur permet de percevoir une indemnité (appelée allocation sociale) si ceux-ci surviennent. Ces risques sont qualifiés de « risques sociaux » puisqu’ils sont mutualisés par la collectivité. Ils comprennent le chômage, la retraite, la maladie, la famille nombreuse, etc. L’assurance sociale correspond à une redistribution horizontale des revenus : ces derniers vont des actifs en emploi aux chômeurs, aux retraités… qui ont préalablement cotisé.

Cotisations sociales

Prélèvements obligatoires destinés à financer l’assistance sociale et qui ouvrent droit à des prestations sociales (appelées allocations sociales) pour les cotisants et leurs ayant-droits (leur conjoint, leurs enfants…). Ils sont prélevés sur les revenus du travail.

Discrimination

La discrimination consiste à traiter différemment les individus en fonction de leur sexe, origine, handicap, orientation sexuelle, etc. Une personne est victime de discrimination lorsqu’à caractéristiques équivalentes avec une autre personne (niveau de diplôme, âge, etc.), elle ne bénéficie pas du même traitement, ce qui réduit ses opportunités. Pour la compenser, les autorités publiques adoptent des actions de discrimination positive en « donnant plus à ceux qui ont le moins ».

Egalité

Principe selon lequel les individus sont traités de façon identique. Il y a égalité des droits quand tous les individus jouissent des mêmes droits (et devoirs) devant la loi et donc quand personne ne dispose de privilèges ou autre traitement de faveur (ou de défaveur) du fait de son statut (genre, classe sociale, caste, etc.). Il y a égalité des positions (ou situations) quand tous les individus ont un même accès aux ressources valorisées dans la société. Il y a égalité des chances (équité) quand tous les membres de la société ont la même probabilité d’atteindre les positions valorisées.

Equité

L’équité consiste à rechercher l’égalité des chances dans un souci de justice sociale en traitant différemment les individus de façon à compenser des inégalités de positions initiales. Une situation est équitable si elle est considérée comme juste.

Etat-providence

Il désigne l’Etat quand celui-ci intervient dans le domaine social, notamment en assurant la protection sociale. Cette notion s’oppose au concept libéral d’Etat gendarme ou d’Etat minimal, selon lequel l’Etat doit se contenter d’assurer ses fonctions régaliennes (justice, police, défense…) et réglementer.

Fiscalité

La fiscalité désigne à la fois les impôts, leur collecte et l’ensemble des règles définissant leur taux, leur assiette, etc.

Inégalités

Il y a inégalités quand les différences entre individus favorisent certains et nuisent aux autres. Les inégalités économiques désignent les inégalités dans la répartition des revenus et des richesses (patrimoine…). Il y a inégalités sociales lorsque certains groupes sont avantagés ou désavantagés dans l’accès aux ressources valorisées.

Méritocratie

La méritocratie est le principe de répartition des positions et des ressources qui consiste à rétribuer les individus en fonction de leurs talents et de leurs efforts. Pour être effective, la méritocratie suppose une égalité des chances.

Prélèvements obligatoires

Ils désignent les impôts, les taxes et les cotisations sociales, c’est-à-dire les recettes des administrations publiques. Ils permettent de financer les services publics, la protection sociale, etc.

Prestations sociales

Les prestations sociales (ou revenus de transfert) sont versées par les administrations publiques dans le cadre de la redistribution. Elles se composent des allocations sociales (dans le cadre de l’assurance sociale) et des aides sociales (dans le cadre de l’assistance sociale). Elles sont financées par les prélèvements obligatoires.

Redistribution

La redistribution désigne l’ensemble des prélèvements et des versements de prestations sociales opérés par les administrations publiques afin de protéger les individus contre certains risques (qualifiés alors de « risques sociaux ») et réduire les inégalités de revenu. La redistribution est verticale dans le cadre de l’assistance sociale (les revenus allant des riches vers les plus modestes) et horizontale dans le cadre de l’assurance sociale.

Services collectifs

Ils sont souvent non marchands, c’est-à-dire gratuits ou quasi-gratuits. Ils sont financés par impôt. Les principaux services collectifs sont l’éducation, la santé et les transports. Ils peuvent être assurés par l’Etat lui-même (on parle alors de services publics) ou celui-ci les délègue à des entreprises privées (qui réalisent alors un service d’intérêt général).



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Travail, emploi, chômage



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jeudi 20 septembre 2012

Travail, emploi, chômage (lexique)

Chômage

Selon la définition du Bureau international du travail (BIT), un chômeur n’a pas d’emploi, en recherche un et est immédiatement disponible pour travailler. Les chômeurs désignent les actifs n’occupant pas d’emploi. Sur le marché du travail, le chômage désigne l’excès d’offre de travail. Selon les libéraux, le chômage s’explique par un coût du travail excessif (qui entraîne une rentabilité insuffisante de la production) ; selon Keynes, il s’explique par une demande globale insuffisante (ménages et entreprises dépensent trop peu). Aujourd’hui, on considère que le chômage a une composante conjoncturelle et une composante structurelle. Le chômage conjoncturel correspond au chômage keynésien. Le chômage structurel désigne le chômage qui ne s’explique pas par la conjoncture, mais par des rigidités institutionnelles (coût du travail élevé, protection de l’emploi trop importante, manque de qualifications des travailleurs qui les empêche d’accéder aux emplois qualifiés, etc.). Le chômage structurel comprend donc le chômage classique.

Contrat de travail

Le contrat de travail est un document fondant un lien de subordination du travailleur vis-à-vis d’un employeur. Y sont stipulées les tâches du travailleur, sa rémunération, la durée de sa mission (déterminée ou indéterminée), sa durée de travail (à plein temps ou à temps partiel), etc. Ce contrat a un caractère légal et vise à fixer les droits et devoirs des deux parties. Ces dispositions sont encadrées par les conventions collectives.

Conventions collectives

Les conventions collectives sont les accords signés par les partenaires sociaux d’une branche d’activité et qui consistent essentiellement à fixer les salaires et les conditions de travail. Ils s’appliquent à l’ensemble des entreprises appartenant à la branche.

Coût salarial unitaire

Le coût salarial unitaire est le coût que supporte un employeur en utilisant une unité de travail. Il est déterminé par le rapport entre le coût du travail total (la masse salariale, c’est-à-dire l’ensemble des salaires versés, ainsi que l’ensemble des cotisations sociales) et la quantité de facteur travail utilisée (soit le nombre de travailleurs, soit le nombre d’heures travaillées).

Demande anticipée

Selon John Maynard Keynes, les entreprises embauchent en fonction de la demande effective, c’est-à-dire en fonction de leurs anticipations de la demande en biens et services (la demande globale). Le niveau d’emploi n’est donc pas fixé sur le marché du travail. Si les entreprises anticipent une chute de la demande globale, elles réduisent leur production, leurs dépenses, et elles licencient du personnel. Or les travailleurs qui se retrouvent au chômage connaissent une baisse de revenu, tandis que les travailleurs en emplois cherchent à épargner car ils craignent de perdre leur emploi. Donc, avec la hausse du chômage, les ménages réduisent leur consommation, ce qui aggrave la récession et le chômage. En outre, il ne faut pas oublier que la demande n’émane pas des seuls ménages : chaque entreprise achète auprès des autres pour accumuler du capital (investissement), acquérir des biens intermédiaires (consommation intermédiaire), etc. Donc, en réduisant ses dépenses de consommation intermédiaire et d’investissement, chaque entreprise réduit les débouchés des autres entreprises, ce qui amène également ces dernières à réduire leurs propres dépenses, etc. Au final, l’économie se retrouve à un équilibre de sous-emploi et elle est susceptible d’y perdurer. Pour sortir l’économie de la récession et la rapprocher du plein emploi, les autorités publiques doivent adopter des politiques conjoncturelles expansionnistes : soit elles incitent les agents privés à dépenser (en diminuent les taux d’intérêt, en allégeant la fiscalité, en augmentant les prestations sociales, etc.), soit l’Etat accroit ses propres dépenses (politiques de grands travaux, etc.).

Equilibre de sous-emploi

En présence de chômage keynésien, c’est-à-dire lorsque la demande globale est insuffisante pour assurer le plein emploi, l’économie se situe dans un équilibre de sous-emploi, or ce dernier est susceptible de perdurer. Dans une telle situation, certains travailleurs se retrouvent en chômage involontaire, c’est-à-dire qu’ils désirent travailler au salaire en vigueur, mais ils ne le peuvent pas, tandis que les entreprises désirent vendre davantage. Or les ménages sont réticents à consommer en présence de chômage, tandis que les entreprises sont réticentes à embaucher tant que leurs perspectives de ventes sont médiocres. L’intervention des autorités publiques est alors justifiée pour ramener l’économie sur un équilibre de plein emploi en générant directement des débouchés aux entreprises ou en incitant les agents privés à dépenser.

Flexibilité du marché du travail

La flexibilité désigne la capacité d’une entreprise à ajuster rapidement sa production et ses coûts en fonction de la demande. En l’occurrence, les entreprises auront intérêt à réduire la quantité de travail utilisée si une chute de la demande leur impose de réduire leur production. La flexibilité du marché du travail désigne l’ensemble des mesures ayant pour objectif de lutter contre les rigidités du marché du travail, afin de permettre aux entreprises de s’adapter rapidement aux évolutions de la demande. La flexibilité quantitative externe désigne la capacité des entreprises à ajuster le nombre de travailleurs. Cette capacité sera d’autant plus forte que les contraintes juridiques concernant l’embauche et le licenciement sont faibles. La flexibilité quantitative interne désigne la capacité des entreprises à ajuster le nombre d’heures de travail. Ainsi, si une entreprise doit réduire sa production, il lui est possible de réduire le nombre d’heures de travail de chaque travailleur pour garder l’ensemble de son personnel. La flexibilité salariale désigne la capacité des entreprises à ajuster les salaires. La flexibilité fonctionnelle désigne la capacité des entreprises à ajuster la qualité des emplois, par exemple à recourir aux CDD et à l’intérim.

Norme d’emploi

Les normes d’emploi désignent les normes qui encadrent le travail et son usage par les entreprises. La norme d’emploi désigne aussi le type d’emploi qui domine dans une société au cours d’un période donnée. Le CDI continue aujourd’hui à être la norme en termes d’emplois : environ les trois quarts des travailleurs en emploi occupent un CDI. Par contre, les emplois précaires (CDD, intérim, etc.) sont devenus la norme en termes d’embauches, si bien que les personnes entrant sur le marché du travail (en particulier les jeunes) sont susceptibles d’occuper tout d’abord des emplois précaires avant de pouvoir accéder aux emplois stables.

Partenaires sociaux

Les partenaires sociaux désignent l’ensemble des acteurs participant aux négociations sociales, en l’occurrence les syndicats des salariés et les organisations patronales.

Précarité

La précarité désigne la situation d’insécurité (sociale) et d’incertitude associée à l’occupation d’emplois précaires (CDD, stages, intérim, etc.), au sous-emploi et au chômage. Dans une telle situation, les travailleurs sont susceptibles de ne pas conserver un niveau de vie suffisant pour préserver des conditions de vie considérées comme « normales ».

Qualification

La qualification d’un travailleur désigne l’ensemble des connaissances et savoir-faire qu’il a acquis par formation ou par expérience. La qualification d’un emploi désigne l’ensemble des compétences que l’employeur considère comme nécessaires pour occuper un emploi. Il peut y avoir un décalage entre la qualification du travailleur et la qualification de l’emploi : le travailleur qualifié qui occupe un emploi non qualifié subit un déclassement ; les travailleurs non qualifiés auront des difficultés à décrocher un emploi qualifié, ce qui les expose au chômage, etc.

Salaire d’efficience

Alors que les néoclassiques considèrent le salaire comme fonction de la productivité, les nouveaux keynésiens suggèrent que la productivité est fonction du salaire : une hausse salariale se traduit par un surcroît de productivité de la part du travailleur. Plus l’entreprise propose un salaire élevé, plus elle attirera les meilleurs salariés, ce qui réduit les problèmes d’antisélection (sélection adverse). Plus le salaire est élevé, moins le salarié est incité à se comporter en tire-au-flanc, car cela réduit la probabilité qu’il trouve un emploi aussi bien rémunéré dans une autre entreprise ; bref, un salaire élevé réduit les problèmes d’aléa moral (risque moral). En outre, plus le salaire est élevé, plus les salariés sont incités à rester dans l’entreprise, moins la rotation de la main-d’œuvre (turnover) est importante, c’est-à-dire moins le personnel change ; or, plus les salariés restent dans la même entreprise, plus ils deviennent efficaces grâce à l’apprentissage par la pratique ; inversement, il faut former les nouveaux salariés (ce qui est en outre coûteux pour les entreprises), si bien que ceux-ci sont initialement peu productifs. Ensuite, si le salarié reçoit un salaire élevé, il aura le sentiment d’être bien « traité », ce qui l’incite à davantage s’impliquer dans son travail. Au final, les entreprises ont intérêt à fixer un salaire plus élevé que le salaire d’équilibre des néoclassiques. La théorie du salaire d’efficience a été initialement formulée par les nouveaux keynésiens (Shapiro, Salop, Stiglitz…).

Salaire minimum

Le salaire minimum est le salaire en-dessous duquel les employeurs ne peuvent légalement rémunérer leurs salariés ; il s'agit d'un salaire-plancher. Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) a été instauré en 1970. Son niveau est fixé par décision gouvernementale. Sa finalité est non seulement de garantir le pouvoir d’achat des bas salaires, mais aussi sa progression au cours du temps. Le SMIC est revalorisé tous les ans. Le SMIC est indexé sur l’indice des prix à la consommation (IPC) de l’INSEE. La hausse de son pouvoir d’achat doit être égale à au moins la moitié de celle du salaire ouvrier moyen. Le gouvernement peut décider de relever le SMIC au-delà de ce minimum légal : c’est ce qu’on appelle un « coup de pouce ». En janvier 2014, le SMIC brut s’élève à 9,53 euros et le SMIC net à 7,39 euros. Un smicard à temps plein gagne donc chaque mois 1445 euros en brut, soit 1120 euros en net.

Salariat

Le salariat désigne le mode d’organisation du travail qui se fonde sur le contrat entre un travailleur (qui loue sa force de travail) et l’employeur (qui verse un salaire et finance des droits sociaux en contrepartie du travail fourni). Le salariat désigne aussi l’ensemble des salariés. La salarisation désigne l’accroissement de la part d’emplois salariés parmi l’emploi total, c’est-à-dire finalement le recul de la part de l’emploi indépendant.

Segmentation du marché du travail

L’hypothèse d’une segmentation du marché du travail suggère que ce dernier est compartimenté en plusieurs parties relativement étanches, généralement deux (on parle alors de marché du travail dual ou de dualisme du marché du travail), qui fonctionnent selon des règles différentes et qui profitent inégalement aux travailleurs qui les occupent. Dans le premier compartiment (le marché primaire), les travailleurs occupent des emplois qualifiés, stables, bien rémunérés, protégés, profitant de conditions du travail de bonne qualité et ayant des perspectives de carrière relativement assurées. Dans le second compartiment (le marché secondaire), les travailleurs occupent des emplois peu qualifiés, précaires, peu rémunérés, peu protégés et ne donnant le droit qu’à une faible protection sociale.

Taux d’emploi

Le taux d’emploi est calculé en rapportant le nombre de travailleurs en emploi sur la population en âge de travail (c’est-à-dire ayant entre 15 et 64 ans).

Taux de chômage

Le taux de chômage désigne le pourcentage de chômeurs dans la population active. Il se calcule en rapportant le nombre de chômeurs sur le nombre d’actifs. En France, le taux de chômage s’élevait à 10,1 % au premier trimestre 2014, ce qui signifie que 10,1 % des actifs étaient au chômage.

Taux de salaire réel

Le taux de salaire réel correspond au taux de salaire nominal ajusté en fonction du taux d’inflation. Sa hausse signifie donc que le pouvoir d’achat augmente.



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mercredi 19 septembre 2012

Intégration, conflit et changement social (lexique)

Anomie

Dans son ouvrage De la division du travail social paru en 1893, le sociologue français Emile Durkheim (1858-1917) présente l’anomie comme une forme pathologique de la division du travail. Elle désigne alors une situation où les règles sont insuffisantes pour maintenir le lien social. Dans Le Suicide (1897), Durkheim fait de l’anomie l’une des causes du suicide : les individus se retrouvent dans une situation anomique si la société ne parvient à contenir leurs désirs, par nature infinis. Chez le sociologue américain Robert K. Merton (1910-2003), l’anomie désigne une situation dans laquelle les individus ne disposent pas des moyens que la société considère comme légitimes pour atteindre les buts qu’elle valorise (par exemple, l’enrichissement et la réussite individuelle), si bien qu’ils n’ont le choix qu’entre renoncer à atteindre ces buts ou bien adopter des moyens illégitimes (par exemple la délinquance) et devenir déviant, ce qui risque alors de remettre en cause la cohésion sociale.

Changement social

Le changement social désigne les transformations à long terme de la société. Il s’agit notamment du recul de la violence, de la massification et démocratisation scolaires, de l’urbanisation, de la salarisation, de l’essor et du déclin de la classe ouvrière, de la tertiarisation de l’emploi (avec la multiplication des emplois de cadres et d’employés), de la féminisation de la population active, de la hausse du chômage et de la précarité, du déclin puis du retour des inégalités, de l’individualisation, de la laïcisation, de l’apparition de la famille nucléaire puis des familles monoparentales, etc. Ces mutations de la société s’expliquent en partie par le progrès technique et par un changement des valeurs et normes en vigueur dans la société. En l’occurrence, les mouvements sociaux peuvent conduire à des changements sociaux, puisqu’ils cherchent précisément à modifier les normes et valeurs de la société.

Cohésion sociale

La cohésion sociale d’un groupe ou d’une société désigne la force et la stabilité des liens entre ses membres. La cohésion d’un groupe ou d’une société sera d’autant plus forte que les liens entre les individus sont forts et que ceux-ci partagent les mêmes normes et valeurs. En l’occurrence, plus elle est forte, plus ses membres sont susceptibles d’être solidaires. Si l’on considère l’intégration sociale comme un processus, la cohésion sociale apparaît alors comme son résultat. La notion de « lien social » peut être utilisée comme synonyme de celle de « cohésion sociale ».

Conflits sociaux

Un conflit social désigne l’antagonisme entre un ou plusieurs groupes sociaux. Puisque les individus n’ont pas les mêmes intérêts, la société est par nature susceptible de générer des conflits sociaux. Toutefois ces conflits ne débouchent pas nécessairement sur des luttes déclarées. De plus, les conflits sociaux ne se résument pas aux conflits du travail. En effet, puisque les intérêts des individus ne sont pas nécessairement d’ordre économique, les conflits sont eux-mêmes susceptibles d’être multidimensionnels. Lorsqu’ils ont pour enjeu de changer, de maintenir ou de rétablir l’ordre social, on parle de mouvements sociaux. Certains considèrent que les conflits sociaux menacent la cohésion sociale ; ils sont « pathologiques » au sens d’Emile Durkheim (1858-1917). D’autres considèrent au contraire que les conflits sociaux peuvent contribuer à la régulation et jouer un rôle dans l’intégration : selon le sociologue allemand Georg Simmel (1858-1918), les conflits sont susceptibles de « rétablir l’unité de ce qui a été rompu », de faire lien social et de socialiser leurs participants.

Désaffiliation

La désaffiliation est le processus par lequel un statut social perd de son caractère protecteur et qui conduit à un affaiblissement des liens sociaux. Par exemple, l’essor des emplois atypiques et de la pauvreté laborieuse accroît la vulnérabilité des salariés. La désaffiliation est susceptible de déboucher en dernière instance à l’exclusion. Ce concept a été développé par le sociologue français Robert Castel (1933-2013).

Disqualification

Le sociologue français Serge Paugam (né en 1960) préfère le terme de « disqualification sociale » à celui d’« exclusion sociale », ne serait-ce parce qu’aucun individu n’est jamais totalement exclu de la société : par exemple, même les SDF continuent d’entretenir des relations sociales. La disqualification est un processus à travers lequel les liens sociaux d’un individu s’affaiblissent en raison d’une perte de protection et de reconnaissance sociale. Non seulement l’individu disqualifié se retrouve vulnérable face à l’avenir, mais il se retrouve aussi sous le poids du regard négatif qu’autrui porte sur lui et qui l’amène peu à peu à intégrer une mauvaise image de soi, le poussant à s’isoler davantage. Le concept de disqualification sociale rejoint l’analyse que le sociologue allemand Georg Simmel (1858-1918) fait de la pauvreté : les pauvres ne sont pas pauvres car ils sont dénués de ressources, mais parce qu’ils reçoivent assistance ou sont susceptibles de la recevoir, c’est-à-dire précisément parce que la société les traite comme pauvres. La pauvreté est ici analysée comme une carrière déviante. Paugam prolonge l’analyse de Simmel et conçoit précisément l’assistance comme un « stigmate » pour les pauvres.

Intégration

L’intégration sociale est le processus par lequel un individu devient membre à part entière d’un groupe social en particulier ou plus largement de la société. La famille, l’école et le travail jouent un rôle primordial dans l’intégration des individus si bien qu’on les qualifie d’instances d’intégration. La socialisation joue un rôle majeur dans l’intégration, puisqu’un individu ne peut pleinement s’intégrer à un groupe que s’il en adopte les normes, les valeurs et la culture. Si l’on considère l’intégration sociale comme un processus, alors la cohésion sociale peut être conçue comme le résultat de ce processus.

Mouvements sociaux

Les mouvements sociaux sont des actions collectives qui remettent en cause l’ordre social et qui visent à le transformer par d’autres moyens que le vote. Ils ont donc une dimension protestataire. Par exemple, les mouvements ouvriers, féministes, écologiques, etc.

Régulation des conflits

La régulation des conflits désigne le processus à travers lequel les règles sont créées et modifiées en vue d’encadrer les conflits et à travers lequel les conflits influencent en retour les règles. Ces règles visent non seulement à canaliser les conflits, mais aussi à permettre leur expression, à encadrer leur forme et finalement à les résoudre, notamment en créant un cadre pour les négociations.

Socialisation

La socialisation désigne le processus par lequel un individu acquiert les normes, valeurs et culture d’un groupe social en particulier ou de la société en général. La socialisation joue un rôle essentiel dans l’intégration sociale, processus par lequel un individu devient membre à part entière d’un groupe social ou de la société. La socialisation est manifeste si l’individu fait l’objet d’un apprentissage intentionnel et explicite ; elle est latente si l’individu intériorise inconsciemment des normes et valeurs au gré de ses interactions sociales. On distingue également entre la socialisation primaire, qui se déroule durant l’enfance et qui intègre à l’individu les normes et valeurs pour vivre dans la société tout en structurant son identité, et la socialisation secondaire, qui se déroule principalement à l’âge adulte à chaque fois qu’un individu cherche à intégrer un groupe, lorsqu’il acquière les normes et valeurs spécifiques à ce dernier. Cette distinction ne doit pas dissimuler le fait que la socialisation est un processus continu. Si la famille et l’école jouent un rôle fondamental dans la socialisation, il existe toutefois d’autres instances de socialisation comme les groupes de pairs (les amis), l’entreprise, les médias, etc.

Solidarité mécanique

Dans son ouvrage De la division du travail social paru en 1893, le sociologue français Emile Durkheim (1858-1917) décrit la solidarité mécanique comme caractéristique des sociétés traditionnelles, essentiellement paysannes. C’est une forme de solidarité « obligée » dans la mesure où les membres d’un groupe se doivent assistance précisément en raison de leur appartenance à ce groupe et de leurs ressemblances. La conscience collective y est forte : les individus partagent les mêmes valeurs et croyances. Lorsque la solidarité est de nature mécanique, le droit est essentiellement répressif : il vise à punir. La notion de solidarité mécanique s’oppose à celle de solidarité organique. En l’occurrence, le passage d’une solidarité mécanique à une solidarité organique correspond au processus d’individuation et il n’est possible qu’avec l’approfondissement de la division du travail.

Solidarité organique

Dans son ouvrage De la division du travail social paru en 1893, le sociologue français Emile Durkheim (1858-1917) décrit la solidarité organique comme caractéristique des sociétés modernes, essentiellement urbaines. Elle repose sur la division du travail (social) qui donne une place spécifique à chacun et qui rend par conséquent les individus complémentaires les uns aux autres et interdépendants : c’est parce qu’ils sont différents que les individus sont solidaires entre eux. C’est une forme de solidarité « élective ». Dans une société moderne, la conscience collective y est plus faible, au profit des consciences individuelles : les individus ont des croyances fortement différenciées. Lorsque la solidarité est de nature organique, le droit est essentiellement restitutif : il vise davantage à compenser les préjudices plutôt qu’à punir. La notion de solidarité organique s’oppose à celle de solidarité mécanique. En l’occurrence, le passage d’une solidarité mécanique à une solidarité organique correspond au processus d’individuation et il n’est possible qu’avec l’approfondissement de la division du travail. Si la division du travail ne parvient toutefois pas à générer suffisamment de solidarité, les individus risquent de se retrouver dans une situation d’anomie.

Syndicat

Un syndicat est une organisation chargée de défendre les intérêts du groupe professionnel qu’elle représente. En France, les syndicats sont autorisés depuis la loi Waldeck-Rousseau en 1884. La liberté syndicale a été inscrite dans la constitution française en 1946. Les syndicats jouent un rôle essentiel dans la régulation des conflits, non seulement en étant initiateurs dans l’expression des revendications, mais aussi en étant un interlocuteur privilégié dans les négociations avec les entreprises et un véritable partenaire des autorités publiques. Si les syndicats désignent généralement les syndicats de salariés, il existe également des syndicats patronaux et des syndicats de professionnels indépendants.



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mardi 18 septembre 2012

Classes, stratification et mobilité sociales (lexique)

Capital culturel

Selon Pierre Bourdieu (1930-2002), le capital culturel existe sous trois formes. Il est incorporé, inscrit dans les corps (et se révèle à travers les manières de parler, la posture, etc.). Il est objectivé lorsqu’il prend la forme de biens culturels (livres, tableaux, etc.) et de pratiques culturelles (fréquentation des musées, de l’opéra, etc.). Enfin, le capital culturel prend la forme de diplômes attestant de la réussite scolaire. Avec le capital économique et le capital social, le capital culturel est l’un des trois capitaux que les individus accumulent (notamment en les héritant de leurs parents) et qui définissent leur position et trajectoire sociales.

Capital social

Le capital social peut se définir comme l’ensemble des relations sociales qu’entretient un individu avec autrui. Par exemple, un individu peut mobiliser son réseau social pour obtenir un emploi. Dans les travaux de Pierre Bourdieu (1930-2002), le capital social d’un individu correspond à l’ensemble des ressources auxquelles il peut accéder grâce à ses relations sociales. Avec le capital économique et le capital culturel, le capital social est l’un des trois capitaux que les individus accumulent (notamment en les héritant de leurs parents) et qui définissent leur position et trajectoire sociales.

Catégories socioprofessionnelles (CSP)

La nomenclature des CSP a été élaborée par l’INSEE à partir de 1954 afin de représenter la société française ; elle est remplacée par la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) en 1982 pour tenir compte des transformations de la société française et de l’apparition de nouveaux emplois.

Les individus sont classés en 8 catégories distinctes (8 groupes socioprofessionnels) et celles-ci sont elles-mêmes divisées et subdivisées en plusieurs sous-catégories (les CSP) selon une multitude de critères : le statut (indépendant ou salarié), la position hiérarchique, la nature de l’employeur (privé ou public), etc. La nomenclature des CSP comporte trois niveaux d’agrégation : 486 professions sont regroupées en 24 ou 42 catégories socioprofessionnelles qui sont elles-mêmes regroupées en 8 groupes socioprofessionnels.

Les actifs sont classés en six grandes catégories : (1) les agriculteurs exploitants, (2) les artisans, commerçants et chefs d’entreprises, (3) les cadres et professions intellectuelles supérieures, (4) les professions intermédiaires, (5) les employés et les (6) ouvriers. Les deux premières catégories (1 + 2) correspondent aux indépendants, tandis que les quatre suivantes correspondent aux salariés. Les cadres (3) sont plus qualifiés (donc mieux rémunérés) que les professions intermédiaires (4) et celles-ci sont elles-mêmes plus qualifiées (donc mieux rémunérées) que les employés et les ouvriers (5 + 6). Si les employés (5) ont tendance à travailler dans les services (à l’instar des cadres et professions intellectuelles supérieures), les ouvriers (6) ont plutôt tendance à être des travailleurs manuels. Louis_Chauvel__Retour_des_classes_sociales__PCS_CSP_groupes_sociaux.png

Classes sociales

La structuration de la société en classes sociales est une forme particulière de stratification sociale. Par opposition à la notion de « strates sociales », l’idée de classes sociales suggère qu’il existe des groupes sociaux clairement définis dans les sociétés démocratiques, en principe égalitaires.

Chez Karl Marx (1818-1883), un groupe social doit respecter deux critères pour constituer une classe sociale. D’une part, il doit constituer une « classe en soi » : les membres d’une classe partagent objectivement la même situation (en l’occurrence, avoir la même place au sein des rapports de production). Par exemple : les capitalistes (les bourgeois) possèdent les moyens de production ; les ouvriers (les prolétaires) ne possèdent rien, si ce n’est leur force de travail, qu’ils sont obligés de vendre comme une marchandise. Or, parce qu’ils partagent des conditions communes, les membres d’une classe ont de fait des intérêts en commun, mais cela ne suffit pas pour qu’ils mènent une action collective pour les défendre. D’autre part, le groupe social doit constituer une « classe pour soi » : ses membres doivent avoir conscience d’avoir des intérêts communs. Une telle prise de conscience est nécessaire pour qu’ils se mobilisent pour les défendre.

Selon Pierre Bourdieu (1930-2002), les classes dominantes sont abondamment dotées de capitaux (qu’il s’agisse de capital économique et/ou de capital culturel), tandis que les classes populaires sont dénuées de capitaux. Bourdieu souligne l’importance des pratiques culturelles. En parvenant à présenter ses pratiques culturelles comme légitimes, les classes dominantes légitiment leur domination sur les autres.

Déclassement

Le déclassement désigne la mobilité sociale descendante (par opposition à l’« ascension sociale »). Il y a déclassement lorsqu’un individu occupe une position sociale inférieure à celle de ses parents, inférieure à celle qu’il pourrait prétendre de par son diplôme ou inférieure à celle qu’il avait précédemment (en raison, par exemple, d’un licenciement). Camille Peugny met particulièrement l’accent sur le déclassement intergénérationnel. Les jeunes sont par exemple particulièrement exposés à la montée du chômage et de la précarité, or ces situations pèsent durablement sur leur trajectoire sociale future.

Fluidité sociale

Il s’agit de la mobilité indépendante des transformations touchant la structure des emplois au fil des générations. La société est fluide lorsque les origines sociales influencent peu les destinées ; par contre, la fluidité est faible lorsque les destinées sont fortement influencées par les origines sociales, auquel cas on parle de viscosité sociale. La fluidité sociale est mesurée par les taux relatifs de mobilité (odd ratios) qui comparent les chances relatives des fils d’accéder à une catégorie sociale en fonction de leur origine sociale.

Groupes de statut

Selon Max Weber (1864-1920), la stratification sociale est pluridimensionnelle et les classes ne constituent qu’une dimension de la stratification sociale. La distribution inégale du prestige et de l’honneur est à la base d’une autre hiérarchie entre les individus. En l’occurrence, elle se structure en groupes de statut : un groupe de statut regroupe des individus ayant un même niveau de prestige et de mêmes pratiques.

Mobilité intergénérationnelle

Elle désigne le changement de statut social d’une génération d’individus par rapport à celle de leurs parents.

Mobilité intragénérationnelle

Elle désigne le changement de statut social d’un individu au cours de son existence. Le changement de position sociale s’explique souvent par un changement de profession. L’inverse n’est pas toujours vrai : un individu peut changer de profession sans pour autant changer de statut social. Par exemple, un ouvrier risque de ne pas changer de position sociale s’il devient employé.

Mobilité observée

Elle est mesurée par les taux absolus de mobilité calculés à partir des tables de mobilité intergénérationnelle. Elle regroupe la mobilité structurelle et la mobilité nette.

Mobilité structurelle

Il s’agit de la mobilité influencée par les diverses transformations qui touchent les emplois et plus largement la structure sociale dans son ensemble. Si par exemple le nombre d’emplois de cadres augmente plus rapidement que le nombre d’emplois d’ouvriers, les fils d’ouvriers ont donc mécaniquement plus de chances d’accéder à un emploi de cadre. La part de la mobilité (observée) qui n’est pas expliquée par la mobilité structurelle est appelée mobilité nette.

Paradoxe d’Anderson

Si un individu est plus diplômé qu’un autre, on devrait s’attendre à ce qu’il atteigne une meilleure position sociale que ce dernier. Pourtant, en observant ses propres élèves, le sociologue américain Charles Anderson a constaté en 1961 qu’un individu peut occuper une position sociale inférieure à celle de ses parents, alors même qu’il est plus diplômé que ces derniers. Ce paradoxe peut s’expliquer par les transformations de la société : le nombre de diplômés peut augmenter plus rapidement que le nombre d’emplois qualifiés, si bien qu’un nombre croissant de diplômés sont contraints d’accepter un emploi peu qualifié et précaire. La croissance du nombre de diplômés entraîne alors une dévalorisation des diplômes et donc une forme de déclassement. C’est l’idée avancée par Raymond Boudon (1934-2013) ou encore Marie Duru-Bellat (née en 1950) avec le concept d’inflation scolaire.

Stratification sociale

La stratification sociale désigne l’existence, au sein d’une société, de catégories relativement homogènes qui sont hiérarchisées en raison d’une inégalité dans la distribution des ressources, notamment du revenu, de la richesse, du pouvoir, du prestige, de la connaissance, etc. Les classes, les castes et les ordres sont des exemples de hiérarchies sociales. Chaque strate rassemble des individus ayant la même position sociale selon l’un ou plusieurs de ces critères. Lorsque ces strates sont clairement séparées l’une des autres et que leurs membres sont en conflit en raison d’intérêts divergents, on parle plutôt de classes sociales.



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lundi 17 septembre 2012

Economie du développement durable (lexique)

Biens collectifs

Un bien collectif est à la fois non excluable et non rival. Il est non excluable car on ne peut empêcher un agent de le consommer. Il est non rival car sa consommation par un individu n’empêche pas les autres agents de le consommer au même instant. Or, en raison de sa non-excluabilité, un bien collectif est susceptible de nourrir des comportements de passages clandestins (free riders) : chacun compte sur les autres pour le produire, si bien que finalement personne ne le produit. Il y a défaillance de marché et il est alors justifié que l’Etat prenne en charge la production et l’entretien de ce bien s’il désire le mettre à disposition de la collectivité. Lorsque le bien collectif est pris en charge par l’Etat, on le qualifie de « bien public ».

Biens communs

Un bien commun est non excluable, mais rival. Il est non excluable car on ne peut empêcher un agent de le consommer ; il est rival car si un agent le consomme, il devient moins disponible pour les autres. En raison de leur non-excluabilité, les biens communs suscitent des comportements de passagers clandestins (free riders) : comme ils appartiennent à tout le monde, donc à personne en particulier, personne n’est incité à faire des efforts pour les préserver, car chacun compte sur les autres pour le faire. Les biens communs risquent alors d’être surexploités et de s’épuiser. Le fait même d’anticiper leur disparition incite les agents à les exploiter vite, ce qui accélère leur épuisement.

Capital humain

Notion développée par Gary Becker (prix Nobel en 1992). Le capital humain désigne les connaissances et compétences acquises par un individu, mais aussi sa santé. En accumulant du capital humain, le travailleur devient plus productif et peut espérer obtenir un salaire plus élevé. L’éducation, la formation professionnelle, l’apprentissage par la pratique et l’amélioration de la santé (avec par exemple les campagnes de vaccination) sont des investissements aussi bien pour les travailleurs que pour leur entreprise ou même l'économie prise dans son ensemble. En l’occurrence, l’accumulation de capital humain apparaît comme un moteur essentiel de la croissance, non seulement car elle rend les travailleurs plus productifs, mais aussi parce qu’elle les rend plus innovants.

Capital institutionnel

Il s’agit des institutions. Pour Douglass North (1920-2015), prix Nobel d’économie en 1993, les institutions sont un ensemble de règles et de contraintes qui encadrent les interactions humaines et notamment les échanges. Elles favorisent les échanges et augmentent le bien-être de la population en suscitant de la confiance entre les agents. Les droits de propriété et notamment les brevets sont des exemples d’institutions.

Capital naturel

Il désigne l’ensemble des ressources naturelles, les écosystèmes et la biodiversité. Non seulement les ressources naturelles sont utilisées dans la production de biens et services (en tant que consommation intermédiaire), mais la Nature est également en soi source de bien-être pour les agents économiques. Certaines ressources naturelles sont renouvelables, d’autres pas (tout du moins, pas à moyen terme), si bien que la croissance économique pourrait freiner du fait de l’épuisement du capital naturel. Selon les tenants de l’approche de la soutenabilité faible (notamment les économistes néoclassiques), le capital naturel est facilement substituable avec le capital physique : il n’est donc pas nécessaire de le préserver, car le progrès technique génère facilement des substituts. Selon les tenants de l’approche de la soutenabilité forte (notamment les promoteurs de la « décroissance »), le capital naturel n’est que très peu substituable avec le capital physique, si bien qu’il faut nécessairement le préserver.

Capital physique

Le capital physique désigne le stock de biens durables qui sont utilisés pour produire des biens et services. Il s’agit des machines, des outils, des usines, des infrastructures, etc. C’est le capital au sens strict.

Capital social

Le capital social désigne l’ensemble des relations qu’un individu entretient avec autrui et qui lui permettent d’avoir accès à des ressources auxquelles il ne peut accéder par lui-même. Le capital social est essentiel à la confiance et cette dernière est essentielle aux échanges marchands, si bien que le capital social est essentiel pour développer les échanges.

Défaillances de marché

Il y a défaillance de marché lorsque ce dernier ne conduit pas à une allocation optimale des ressources, si bien qu’une intervention de l’Etat est alors légitime pour allouer les ressources plus efficacement. Les biens collectifs, les biens communs et les externalités sont des défaillances de marché.

Externalités

Il y a externalité lorsque l’action d’un agent influence le bien-être d’un autre agent sans que cela passe par des mécanismes de marché. L’externalité est positive lorsque l’action d’un agent accroît le bien-être d’un autre agent sans que ce dernier rémunère le premier. L’externalité est négative lorsque l’activité d’un agent détériore le bien-être d’un autre agent sans que ce dernier soit compensé par le premier. Les externalités constituent une défaillance de marché, ce qui justifie une intervention de l’Etat pour les corriger.

Marché des droits à polluer

Le marché des droits à polluer (ou marché des quotas d’émission ou marché des permis d’émission) est l’un des principaux instruments de la politique climatique. Il régule les émissions polluantes par les prix et par les quantités. L’Etat émet des droits à polluer, des quotas, qu’il distribue aux entreprises. Chaque firme ne peut pas polluer plus que ne lui permettent les quotas qu’elle possède. Les entreprises ne sont pas obligées d’utiliser tous leurs permis, si bien qu’elles peuvent revendre leurs permis excédentaires. Les firmes qui n’ont pas assez de quotas peuvent acheter des quotas aux éventuelles entreprises qui ne les ont pas entièrement utilisés. Ainsi, les firmes sont incitées à moins polluer, notamment pour réaliser un profit en vendant leurs quotas non utilisés. Le prix d’un quota varie en fonction de l’offre et de la demande : plus la demande est importante par rapport à l’offre, plus le prix d’un quota sera élevé et plus les firmes seront incitées à ne pas polluer. L’Etat peut réduire peu à peu le nombre de permis en circulation pour réduire plus amplement la pollution.

Politique climatique

Il y a la politique d’adaptation, qui consiste à préparer la population au changement climatique, et la politique d’atténuation, qui consiste à freiner les émissions de polluants pour freiner le changement climatique. Les principaux instruments de la politique d’atténuation sont la réglementation, la taxation, la subvention et le marché des droits à polluer.

Réglementation environnementale

La taxation est l’un des principaux instruments de la politique climatique. La réglementation désigne l’instauration de normes qui limitent la quantité d’émissions de polluants par unité consommée ou produite. Elle régule donc les émissions polluantes par les quantités. Par exemple : la circulation alternée.

Soutenabilité

La soutenabilité est la situation dans laquelle le niveau de bien-être actuel peut au moins être maintenu pour les générations futures. Selon le rapport Brundtland, le développement durable (ou soutenable) désigne la capacité des générations actuelles à satisfaire ses besoins sans réduire celle des générations futures à satisfaire les siens. Il y a deux approches du développement durable. Selon les tenants de l’approche de la soutenabilité faible (notamment les économistes néoclassiques), le capital naturel est facilement substituable avec le capital physique : il n’est donc pas nécessaire de le préserver, car le progrès technique génère facilement des substituts (moins polluants). Selon les tenants de l’approche de la soutenabilité forte (notamment les partisans de la « décroissance »), le capital naturel n’est que très peu substituable avec le capital physique, si bien qu’il faut nécessairement le préserver.

Taxation environnementale

La taxation est l’un des principaux instruments de la politique climatique. Elle régule les émissions polluantes par les prix. Elle consiste pour les autorités publiques à taxer les émissions polluantes ou la consommation de biens générant des polluants. C’est l’économiste britannique Arthur Cecil Pigou qui en décrit le principe en 1920, si bien que l’on parle également de « taxe pigouvienne ». La taxe augmente le coût des pollueurs et les incite à réduire leur pollution, c’est-à-dire à délaisser les biens polluants pour se tourner vers les biens non polluants. La taxe incite les pollueurs à prendre en compte les externalités (négatives) que leur activité génère : elle les amène à « internaliser les externalités ». C’est le principe du « pollueur-payeur ». La taxation marche d’autant mieux qu’il existe des substituts (non polluants) aux biens polluants. S’il n’existe pas de substituts aux biens polluants, les agents risquent de continuer à polluer, mais la hausse du coût de la pollution incite les entreprises à innover, à créer des biens moins polluants. La taxation génère un « double dividende » pour l’Etat : d’une part, elle conduit à ralentir le changement climatique en atténuant les émissions polluantes, d’autre part, l’Etat en retire des recettes fiscales supplémentaires. Il peut utiliser ces recettes fiscales soit pour réduire d’autres impôts (pour préserver le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises que la taxe environnementale tend à dégrader), soit pour subventionner la recherche-développement (en particulier la création de substituts non polluants) ou tout simplement l’achat de biens non polluants, ce qui incite d’autant plus les agents à délaisser les biens polluants. La taxe carbone est un exemple de taxe environnementale.



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dimanche 16 septembre 2012

Mondialisation et intégration européenne (lexique)

Avantage comparatif

David Ricardo (1772-1823) a suggéré que le commerce international est source de gains à l’échange pour chacun de ses participants. Pour cela, chaque pays doit se spécialiser dans les productions de biens pour lesquelles il possède un « avantage comparatif » (ou « avantage relatif »), c’est-à-dire le plus grand avantage (là où il est relativement le meilleur) ou le plus petit désavantage (là où il est relativement le moins mauvais) par rapport aux autres partenaires à l’échange. En se spécialisant, un pays délaisse la production de certains biens, mais il pourra alors les importer et, au final, il produira et consommera davantage qu’il ne l’aurait fait en restant en autarcie. Dans l’exemple que donne Ricardo, le Portugal est plus efficace que l’Angleterre dans la production du drap et du vin, mais l’écart de productivité est plus élevé dans la production de vin. En d’autres termes, le Portugal est plus avantagé dans la production de vin et l’Angleterre est moins désavantagée dans la production de drap. Au final, le Portugal a donc intérêt à se spécialiser dans la production de vin et importer les draps, tandis que l’Angleterre a intérêt à se spécialiser dans la production de drap et à importer du vin.

Commerce international

Le commerce international désigne les échanges de biens et services entre résidents de pays différents. Les exportations désignent les ventes des résidents au reste du monde. Les importations désignent les achats réalisés par les résidents auprès des non-résidents.

Commerce intrafirme

Le commerce intrafirme (ou commerce « captif ») désigne les échanges au sein d’une même firme multinationale (FMN), c’est-à-dire entre une maison-mère et ses filiales (ou simplement entre ces dernières). Le commerce intrafirme représente le tiers des échanges internationaux.

Compétitivité hors prix

La compétitivité d’une entreprise (ou d’un territoire) désigne sa capacité à faire acheter ses produits plutôt que ceux réalisés par les concurrents. La compétitivité hors prix (ou structurelle) désigne la capacité d’une entreprise à offrir des produits différenciés de ceux de ses concurrents (en termes de qualité, d’innovation, de services proposés, d’image de marque, de design…). Si une entreprise parvient à différencier son produit de ceux proposés par ses concurrents, elle peut espérer le vendre à un prix plus élevé. Cette notion s’oppose à celle de compétitivité prix.

Compétitivité-prix

La compétitivité d’une entreprise (ou d’un territoire) désigne sa capacité à faire acheter ses produits plutôt que ceux réalisés par les concurrents. La compétitivité-prix désigne la capacité d’une entreprise à offrir un bien ou un service de qualité identique que celui offert par ses concurrents, mais à un prix plus faible. Ce sera en l’occurrence le cas si ses coûts de production sont plus faibles que ceux de ses concurrents. Cette notion s’oppose à celle de compétitivité hors prix.

Délocalisation

La délocalisation désigne le transfert d’un pays à un autre d’activités réalisées par une entreprise. Elle consiste à fermer une unité de production (par exemple une usine) dans un pays donné pour en ouvrir une autre dans un pays où les conditions de production sont jugées meilleures. Par exemple, les entreprises des pays avancés peuvent délocaliser tout ou partie de leurs activités dans les pays émergents pour profiter des faibles coûts du travail au sein de ces derniers. La délocalisation est une forme d’IDE (mais tout IDE n’est pas forcément une délocalisation).

Dotation factorielle

Elle désigne la quantité de facteurs de production (travail non qualifié, travail qualifié, capital, terre) disponibles dans un pays donné. Selon le théorème Heckscher-Ohlin-Samuelson (HOS) développé par les économistes néoclassiques (et notamment Paul Samuelson, « prix Nobel » en 1970), les pays se spécialisent selon leurs dotations factorielles. En l’occurrence, un pays a intérêt à se spécialiser dans la production de biens exigeant relativement plus des facteurs dont il est relativement le plus doté. Par exemple, les pays avancés sont relativement plus dotés en main-d’œuvre qualifiée et en capital, donc ils ont intérêt à se spécialiser dans la production de biens exigeant relativement plus de travail qualifié et ayant une forte intensité capitalistique ; les pays en développement sont relativement plus dotés en travailleurs non qualifiés et sont relativement dépourvus de capital, donc ils ont intérêt à se spécialiser dans la production de bien nécessitant relativement plus de travail non qualifié et ayant une faible intensité capitalistique ; les pays relativement bien dotés en ressources naturelles ont intérêt à se spécialiser dans l’extraction et l’exportation de ressources naturelles.

Euro

L’euro est la monnaie unique des pays membres de l’union économique et monétaire (UEM) qui se substitue à leurs monnaies nationales. Elle a été créée en 1999. Les pièces et billets en euros circulent depuis le 1er janvier 2002. L’ensemble des pays ayant adopté l’euro forment la zone euro. Initialement, en 1999, la zone euro se composait l’Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, de l’Espagne, de la Finlande, de la France, de l’Irlande, de l’Italie, du Luxembourg, du Pays-Bas et du Portugal. Ces onze pays ont été rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l’Estonie en 2011 et par la Lettonie en 2014.

Externalisation

L’externalisation désigne le processus par lequel une entreprise (appelée donneuse d’ordres) confie à d’autres entreprises (appelées sous-traitants) la réalisation de tout ou partie de la production d’un bien ou service qui était, jusqu’à présent, assurée par ses propres salariés. Les sous-traitants peuvent résider dans le même pays ou à l’étranger que la donneuse d’ordres. L’externalisation s’oppose à l’internalisation, consistant pour une entreprise à réaliser en interne des tâches qu’elle confiait auparavant à d’autres entreprises. Une entreprise aura tendance à externaliser les tâches qui requièrent peu de qualifications, tandis qu’elle tend à réaliser en interne les tâches exigeant beaucoup de qualifications ou un savoir qu’elle seule possède.

Firmes multinationales

Une firme multinationale (FMN) ou firme transnationale (FTN) désigne une entreprise ayant des unités de production dans au moins deux pays différents. Une FMN se compose d’une société-mère (localisée généralement dans le pays d’origine) et d’entreprises implantées à l’étranger (appelées filiales). Une FMN implante des unités de production dans un pays étranger en réalisant des investissements directs à l’étranger (IDE). Un IDE peut être une délocalisation, la création d’une unité de production nouvelle, la prise de contrôle d’une unité de production déjà existante, etc.

Libre-échange

Le libre-échange désigne un système économique dans lequel les marchandises sont libres de circuler, ce qui suppose la suppression des barrières à l’échange. Il désigne également la doctrine qui préconise la mise en place d’un tel système pour favoriser la croissance économique. Cette notion s’oppose à celle de protectionnisme.

Protectionnisme

Il désigne l’ensemble des mesures tarifaires et non tarifaires qu’un Etat met en place pour favoriser les producteurs domestiques, que ce soit en leur réservant le marché intérieur (notamment en limitant les importations) ou en favorisant artificiellement leurs exportations. Les barrières tarifaires désignent les droits de douanes qu’un pays impose aux produits importés pour généralement inciter les résidents à acheter les produits domestiques. Les barrières non tarifaires qu’un Etat peut mettre en œuvre à des fins protectionnistes incluent les quotas, les normes (techniques, normes de sécurité, sanitaires, environnementales, du travail, etc.), les subventions aux entreprises domestiques, les marchés publics, etc. L’OMC considère également comme mesure protectionniste toute mesure perturbant les prix domestiques, notamment la pratique du dumping (consistant à vendre à l’étranger à des prix inférieurs à ceux en vigueur au sein du pays) et la manipulation du taux de change (une sous-appréciation de la devise stimule les exportations). Le protectionnisme désigne également la doctrine préconisant la mise en place de telles mesures. Cette notion s’oppose à celle de libre-échange.

Union économique et monétaire

L’union économique et monétaire (UEM) est un groupe de pays-membres de l’Union européenne ayant pour objectif la convergence de leurs politiques économiques. Les pays de l’UEM possèdent une devise commune (l’euro) et forment ainsi la zone euro, dotée d’une politique monétaire unique, mise en œuvre par la Banque Centrale Européenne (BCE). Tous les pays de l’Union européenne (UE) n’appartiennent pas à l’UEM. Pour adhérer à l’UEM, un pays doit mettre en œuvre une convergence nominale. Cette dernière fait référence aux critères de Maastricht : convergence du taux d’inflation, du taux d’intérêt à long terme, du déficit et de la dette publique avec les pays de la zone euro et stabilité du taux de change avec l’euro. En l’occurrence, la dette publique doit être inférieure à 60 % du PIB et le déficit public inférieur à 3 % du PIB.



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samedi 15 septembre 2012

Croissance, fluctuations et crises (lexique)

Capital

Dans le sens strict, il ne désigne que le capital fixe, c’est-à-dire l’ensemble des biens qui sont utilisés plusieurs fois au cours de la production (ils ont une durée de vie supérieure à un an). Dans son sens large, le capital désigne également le capital circulant, c’est-à-dire les biens et services qui sont transformés ou qui disparaissent au cours de la production (c’est-à-dire dont la durée de vie est inférieure à un an). En ce sens, le capital inclut également les ressources naturelles.

Capital humain

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Notion développée par Gary Becker (prix Nobel en 1992). Le capital humain désigne les connaissances et compétences acquises par un individu, mais aussi sa santé. En accumulant du capital humain, le travailleur devient plus productif et peut espérer obtenir un salaire plus élevé. L’éducation, la formation professionnelle, l’apprentissage par la pratique et l’amélioration de la santé (avec par exemple les campagnes de vaccination) sont des investissements aussi bien pour les travailleurs que pour leur entreprise ou même l'économie prise dans son ensemble. En l’occurrence, l’accumulation de capital humain apparaît comme un moteur essentiel de la croissance, non seulement car elle rend les travailleurs plus productifs, mais aussi parce qu’elle les rend plus innovants.

Crise économique

Dans le sens étroit du terme, la crise est l’instant précis où le cycle économique se retourne, c’est-à-dire où l’économie passe d’une expansion à une récession, voire à une dépression. Dans le sens large du terme, la crise désigne la récession ou la dépression.

Croissance économique

Hausse du PIB.

Croissance endogène (théories de la)

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Théories visant à expliquer le caractère cumulatif de la croissance. A la différence du modèle de Solow, les modèles de croissance endogène font l’hypothèse que les rendements sont croissants, introduisent des externalités et considèrent que le progrès technique est endogène, c’est-à-dire qu’il dépend du comportement des agents.

Il y a quatre principaux modèles de croissance endogène. Robert Lucas (prix Nobel en 1995) souligne l’importance du capital humain. Un travailleur devient plus productif lorsqu’il accumule des connaissances et des compétences, or celles-ci ne s’usent pas : le capital humain est un facteur cumulatif, qui présente des rendements croissants. Paul Romer met l’accent sur la recherche-développement et l’apprentissage par la pratique. D’une part, les dépenses de recherche-développement réalisées par une entreprise lui permettent d’accroître sa productivité et d’innover davantage ; grâce aux externalités, elles profitent également aux autres entreprises, notamment aux concurrentes. D’autre part, quand un travailleur acquiert de nouvelles compétences dans une entreprise, il peut continuer de les utiliser dans une autre entreprise et les transmettre à d’autres travailleurs. Robert Barro met l’accent sur l’importance de l’investissement public pour la croissance : les infrastructures publiques (routes, aéroports, réseau de distribution d’eau, etc.) stimulent l’activité.

Bien que ces trois auteurs soient néoclassiques et plutôt réticents à l'usage des politiques conjoncturelles pour stabiliser l'activité à court terme, leurs théories suggèrent que l’intervention de l’Etat peut améliorer la croissance à long terme (par exemple, en stimulant la recherche-développement, en favorisant l’éducation et en développant les infrastructures).

Déflation

La déflation désigne la baisse du niveau général des prix : en moyenne, les prix baissent. Elle est due à une insuffisance de la demande globale : lorsque les entreprises ont du mal à vendre, elles baissent leurs prix pour écouler leurs stocks d’invendus. L’économie risque donc de connaître une déflation lorsqu’elle subit une récession ou dépression. Or la déflation a tendance à aggraver la crise économique. D’une part, les agents retardent leurs achats de biens durables s’ils anticipent une poursuite de la baisse des prix, ce qui réduit davantage la demande. D’autre part, en présence de déflation, les emprunteurs doivent continuer de payer un montant fixe d’intérêts, mais leurs sources de revenu diminuent avec les prix : le poids réel de leur endettement augmente. Les emprunteurs ont donc de plus en plus de mal à rembourser, si bien qu’ils risquent de faire faillite et de faire s’effondrer les banques. Irving Fisher (en 1933) parlait de « déflation par la dette » pour décrire ce cercle vicieux.

Demande globale

Demande qui s’adresse aux producteurs de biens et services sur un territoire donné. On distingue entre la demande intérieure (ou domestique) émanant des résidents et la demande extérieure (ou étrangère) émanant du reste du monde. Si la demande globale est insuffisante, l’économie risque de basculer dans une récession, voire dans une dépression, de connaître la déflation et de voir le chômage augmenter. Si la demande globale est excessive, l’économie risque de connaître une accélération de l’inflation. L’Etat et la banque centrale mettent en œuvre des politiques conjoncturelles pour moduler la demande globale.

Dépression

Baisse prolongée du PIB (en général, sur plusieurs années) : le taux de croissance est durablement négatif. Autrement dit, il s’agit d’une récession très sévère.

Désinflation

Ralentissement de l’inflation, c’est-à-dire baisse du taux d’inflation : les prix continuent d’augmenter en moyenne, mais de moins en moins vite.

Facteurs de production

Ressources utilisées par une organisation productive (par exemple une entreprise) pour produire. Il s’agit du travail et du capital. Les facteurs sont complémentaires quand ils doivent être combinés ensemble pour réaliser une production : par exemple, le chauffeur de taxi et son véhicule. Ils sont substituables quand la production peut être réalisée par l’un ou l’autre des facteurs : par exemple, les caissiers et les caisses automatiques.

Fluctuations économiques

Le cycle désigne la succession d’expansions et de récessions. L’expansion se caractérise par une accélération de la croissance. La récession se caractérise par le ralentissement de la croissance, voire une décroissance, du PIB. L'instant précis où le cycle se retourne et où l'économie passe d'une expansion à une récession est appelé crise. La période d’expansion qui suit une récession est appelée reprise.

IDH

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L’indicateur de développement humain (IDH) est un indicateur composite créé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en 1990, d’après les travaux d’Amartya Sen (prix Nobel en 1998). Il se veut être un indicateur de développement, qui ne prend pas en compte le seul niveau de vie. Il est la moyenne géométrique de trois indicateurs mesurant la santé (avec l’espérance de vie à la naissance), l’éducation (avec les durées moyenne et attendue de scolarisation) et le niveau de vie (avec le revenu national par habitant). Plus l’IDH d’un pays est élevé, plus celui-ci est considéré comme développé.

Inflation

Hausse du niveau général des prix : ces derniers augmentent en moyenne. L’inflation s’explique par un excès de demande globale (les agents dépensent de trop) ou par la hausse des coûts de production (par exemple suite à un choc pétrolier).

Investissement

Il désigne avant tout l’achat de capital fixe. On distingue entre investissement de capacité (qui vise à accroître la production en augmentant la quantité de capital fixe utilisée), investissement de productivité (qui consiste à acquérir du capital fixe plus performant, pas forcément pour produire plus, mais pour réduire les coûts de production) et investissement de remplacement (qui consiste à remplacer le capital obsolète ou usé). Tout investissement ne conduit donc pas forcément à une hausse du stock de capital (puisque l’investissement de remplacement ne consiste qu’à remplacer du capital déjà existant). On distingue donc entre investissement net et investissement brut. L’investissement net désigne le total des dépenses d’investissement (l’investissement brut) auxquelles on retranche les dépenses d’investissement de remplacement. Seul l’investissement net accroît le stock de capital. On distingue aussi entre investissement matériel (acquisition de capital physique) et investissement immatériel (achats de services tels que la R&D, la publicité, la formation des travailleurs, etc.). La comptabilité nationale mesure l’investissement avec la formation brute de capital fixe (FBCF).

Institutions

Pour Douglass North (1920-2015), prix Nobel d’économie en 1993, les institutions sont un ensemble de règles et de contraintes qui encadrent les interactions humaines et notamment les échanges. Elles favorisent les échanges et augmentent le bien-être de la population en suscitant de la confiance entre les agents. Les droits de propriété et notamment les brevets sont des exemples d’institutions.

PIB

Le PIB est un indicateur de richesse. 1) Le PIB d’un pays est égal à la somme des valeurs ajoutées créées au cours d’une année donnée par les organisations productives (entreprises et administrations publiques) présentes sur le territoire national. 2) Il correspond également aux revenus distribués aux résidents au cours d’une année. 3) Il est égal à la somme des dépenses de consommation, d’investissement et des exportations nettes. Lorsque le PIB augmente d’une année sur l’autre, il y a croissance économique.

Politique budgétaire

Politique menée par l’Etat, consistant à modifier la fiscalité et à faire varier les dépenses publiques en vue d’influencer la demande globale. Si la demande globale est insuffisante, l’Etat assouplit sa politique budgétaire en accroissant ses dépenses et/ou en réduisant les prélèvements obligatoires (plan de relance), soit pour inciter les entreprises et ménages à dépenser plus (via la baisse d’impôts ou la hausse des revenus de transfert, des salaires des fonctionnaires…), soit pour accroître directement la demande (via l’investissement public). Par contre, si la demande est excessive ou bien si l’Etat désire réduire sa dette publique, l’Etat resserre sa politique budgétaire en diminuant ses dépenses et en augmentant les impôts (plan d’austérité).

Politiques conjoncturelles

Il s’agit d’une politique économique visant à influencer l’activité économique à court terme en influençant la demande globale. Elle se compose de la politique budgétaire (menée par l’Etat) et de la politique monétaire (menée par la banque centrale). Les politiques conjoncturelles ont quatre objectifs possibles : le plein emploi, la stabilité des prix (ni inflation, ni déflation), la croissance économique et l’équilibre des comptes extérieurs. Mais il est difficile de les atteindre en même temps : Kaldor parle de carré magique. Une politique conjoncturelle expansionniste vise à stimuler la demande globale lorsque l’économie connaît du chômage, une récession, voire une déflation. Une politique conjoncturelle restrictive vise au contraire à freiner la demande globale lorsque l’économie connaît une inflation et un déficit extérieur.

Politique monétaire

Politique menée par la banque centrale, consistant notamment pour elle à moduler son taux directeur, c’est-à-dire le taux d’intérêt auquel les banques peuvent s’approvisionner auprès d’elle en monnaie centrale (la seule monnaie avec laquelle les banques peuvent se régler entre elles). Lorsque la banque centrale désire stimuler la demande globale, elle assouplit sa politique monétaire en baissant son taux directeur, puisque cela incite les banques à davantage prêter et à réduire leurs propres taux d’intérêt. Inversement, la banque centrale resserre sa politique monétaire lorsque l’économie connaît de l’inflation : comme les banques prêtent alors moins, la demande décline, si bien que les entreprises sont moins à même d’accroître leurs prix.

Production marchande et non marchande

La production est dite « marchande » si elle est vendue à un prix significatif, c’est-à-dire vendue à un prix supérieur à la moitié du coût de production. Elle est réalisée par les entreprises, car ces dernières cherchent en général à faire du profit. La production est dite « non marchande » si elle est gratuite ou quasi-gratuite, c’est-à-dire vendue à un prix inférieur à la moitié du coût de production. Elle est réalisée par les administrations publiques et les associations.

Productivité

La productivité mesure l’efficacité des facteurs de production. La productivité du travail peut être mesurée de deux manières différentes : soit en divisant la production par le nombre d’heures travaillées, soit en divisant la production par le nombre de travailleurs.

Productivité globale des facteurs

La productivité globale des facteurs (PGF) est une mesure du progrès technique, du niveau technologique des pays. Elle peut être calculée comme le rapport entre le volume produit et la quantité de facteurs utilisée. La croissance de la PGF correspond au « résidu », c’est-à-dire à la part de la croissance du PIB qui n’est pas expliquée par l’accumulation des facteurs.

Progrès technique

Il s’agit de l’ensemble des innovations qui améliorent l’efficacité des facteurs de production. Le progrès technique désigne ainsi les innovations de procédé, les innovations de produit et les nouvelles organisations du travail. Le progrès technique se mesure de deux façons : soit en mesurant la productivité globale des facteurs (PGF) ; soit en mesurant le « résidu », c’est-à-dire la part de la croissance du PIB qui ne s’explique pas par l’accumulation des facteurs (travail et capital).

Récession

La récession désigne un ralentissement de la croissance du PIB. Pour l’INSEE, il y a récession quand le PIB décroît pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Valeur ajoutée

Lorsque la production est marchande, il s’agit de la production moins les consommations intermédiaires (c’est-à-dire les dépenses de capital circulant). Lorsque la production est non marchande, l’INSEE considère qu’elle correspond aux coûts, c’est-à-dire essentiellement à la rémunération des facteurs de production (donc essentiellement les salaires).



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Mondialisation et intégration européenne
Economie du développement durable
Classes, stratification et mobilité sociales
Intégration, conflit, changement social
Justice sociale et inégalités
Travail, emploi, chômage



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